la chapelle Sainte Matrone
la chapelle Sainte Matrone

Chapelle templière Sainte-Matrone, XIIe siècle.

 

Perchée en bordure de la haute terrasse de la rive gauche du Salat, un peu en amont de son confluent avec la Garonne, la chapelle Sainte-Matrone dresse fièrement son front meurtri face à la chaîne des Pyrénées au sud et aux coteaux du Plantaurel au Levant. Esseulée, elle veille sur les cendres du village primitif qui jadis, s’étalait à ses pieds

D’une centaine de mètres carrés, le sanctuaire se présente sous la forme d’une nef rectangulaire à charpente apparente prolongée par un chœur plus étroit. Le chevet hémicirculaire voûté en cul de four est précédé d’une travée carrée, couverte en berceau. Cette abside authentiquement romane est datée de la seconde moitié du XIIe siècle. Les parements intérieurs et extérieurs, construits en beaux moellons sont soigneusement appareillés. Dans la nef, le grand appareil des parties supérieures contraste avec les petits moellons de la base. Cette partie des murs appartenait à une église plus ancienne. On trouve dans la construction de nombreux vestiges gallo-romains réemployés. Les voûtes du chœur sont soutenues par quatre colonnes surmontées de chapiteaux tous différemment embellis : feuillages, fruits, animaux

Ils sont couronnés de beaux tailloirs ornés de rinceaux. Un bandeau frise de billettes en damier fait le tour du chœur. Distribué avec parcimonie, l’éclairage est assuré par des baies meurtrières en plein cintre : trois dans le chœur et deux dans la nef. On accède dans celle-ci par deux portes en plein cintre s’ouvrant à angle droit dans les murailles. Celle du midi vient d’être restaurée, la décoration extérieure de son arc rappelle par ses billettes celles de l’abside. A l’extérieur, la couverture du cul de four fait saillie sur une corniche supportée par dix sept modillons sculptés très abîmées. A l’intérieur, sous la baie méridionale du chœur, on peut encore voir un panneau gravé et peint de rosaces et d’un damier, alors qu’une série d’arbalétiformes figurent sur certains moellons à l’extérieur du monument

A l’origine, la chapelle appartenait à l’abbaye Bénédictine d’Alet (Aude). Les archives de la Haute-Garonne conservent le parchemin de l’acte d’inféodation de 1195, par lequel elle passe aux Templiers de Montsaunès, puis aux Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem. Les Commandeurs de ces ordres étaient Seigneurs spirituels et temporels de Mazères. Dévastée à la révolution, restaurée, à nouveau démantelée en 1905, elle sera abandonnée jusqu’en 1953, date à laquelle les parties voûtées seront couvertes. Malheureusement peu après, elle retombera dans l’oubli

Grâce à l’action de la Municipalité, de « l’association pour la restauration de la chapelle Sainte Matrone » et des mazériens, la chapelle sera classée parmi les monuments historiques en 1975. Dans les années 1993, 1994 et 1999, un important chantier a été entrepris sous la responsabilité des Affaires Culturelles. Ces travaux ont permis en particulier la réfection de certaines maçonneries. La nef à ciel ouvert a reçu une couverture posée sur une charpente apparente. La baie nord de la nef a retrouvé son couronnement et l’ensemble a été fermé par deux portes. Celle du sud est en chêne plein, celle du nord est à barreaudage métallique

En veillant au respect des traces de son passé, les travaux de sauvegarde  ont su préserver à ce monument toute son authenticité


La légende dorée


Reprenant la tradition locale, un manuscrit écrit en 1858 par un érudit local, nous dit que la construction de la chapelle serait attribuée à la piété d’un riche marchant voyageant dans la mer Egée où son bateau essuya une forte tempête. Suivant l’exemple de l’équipage, il implora alors une Sainte de Thessalonique, une servante d’une noble juive qui avait souffert  le martyre et s’était rendu célèbre dans la contrée par l’éclat de ses miracles. Au plus fort du danger, notre voyageur fit le vœu d’élever une chapelle dans son pays si par son intercession, le navire arrivait à regagner le rivage

Soit que sa prière fut entendue, soit que l’équipage sut par d’habiles manœuvres tirer le vaisseau de son mauvais pas, ce dernier échappa au danger et rentra sain et sauf au port

De retour dans son pays, notre navigateur, fidèle à sa promesse, accomplit le vœu qu’il avait formulé. Tout porte à croire que ce voyageur était un habitant de Mazères


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statue de Sainte Matrone
statue de Sainte Matrone

L’icône de la Sainte

  

Elle est exposée dans l’église paroissiale du village. Il s’agit d’une statue en bois doré, représentant la Sainte coiffée d’une couronne à fleurs de lys. Cette sculpture qui reflète les caractères d’un art populaire pourrait dater du XVe ou du XVIesiècle